Trois textes de Jean Hurpy ce mois-ci : Charlotte Bouchard en Formes courtes, La poule et Roméo et Juliette en Violette.
Au petit couvent de Picpus, une vieille religieuse dont personne ne sait d'où elle vient. Elle se rend au cimetière chaque matin après l'office et parle aux tombes, pour apporter du pain, régler une querelle de dates, annoncer la mort de sœur Juste. Elle tient un registre. Les choses doivent être gardées.
Observations : ne s'adresse pas aux autres religieuses. Ne répond pas aux questions, ou répond à d'autres questions. Parle seule, parfois plusieurs heures sans interruption, puis se tait plusieurs jours. Porte en permanence un sac de toile. Prie en latin ; textes non identifiés. Se rend au cimetière presque chaque jour après l'office du matin.
Un samedi de mai, j'ai acheté une poule à Georges.
La poule en elle-même... Une poule... rousse, et rien d'autre. Des yeux de poule sans regard. Des pattes de poule. Des ailes et des plumes, mais sans possibilité de voler. Pour moi, c'est assez difficile de décrire une poule. Autant je pourrais écrire deux cents pages sur un lézard, autant sur une poule, rien ne vient.
Nuit claire, 9 degrés, vent faible.
J'ai pris le comprimé à 22h40. Le médecin m'en avait prescrit une boîte en février, pour le sommeil. D'habitude j'en prends un demi. Ce soir un entier, la journée avait été longue. Je fais les ouvertures à la pharmacie depuis que je suis revenue chez mes parents, en octobre.