Le site a un nouvel habillage. Une mise en page plus nette, plus silencieuse, plus dépouillée. Un clin d'œil à Josef Müller-Brockmann et au style suisse. Trois nouveaux textes depuis le dernier numéro : Géranium d'Odile Foss rejoint Formes courtes, 12 ou 13 de Jean Hurpy aussi, et Roméo et Juliette, toujours de Jean Hurpy, rejoint la collection Violette.
Une maison, un géranium, une journée - racontée deux fois, une fois par l'horloge, une fois par le corps. Dans la première version, le personnage lit Welcome Home, de Lucia Berlin, l'une des grandes voix de la nouvelle américaine. Cette présence n'est pas un détail : on y devine quelque chose de l'écriture d'Odile Foss elle-même, une grande économie narrative, des gestes, des odeurs, des objets qui suffisent souvent à faire émerger une situation entière.
La tige centrale du géranium a grossi pendant l'hiver. Aux noeuds, elle fait des renflements durs, presque des articulations. L'écorce se soulève par endroits. Elle ne tombe pas. Elle reste là, entrouverte. J'ai passé l'ongle dessous : c'était vert.
Puis un matin quelque chose a cédé. Je ne sais pas quoi. Je me suis levé et j'ai vomi presque immédiatement.
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